Omne crede diem tibi diluxisse supremum

Publié le par Alpasyr Meringensis

undefined "Considère chacun de tes jours comme le dernier" et d'autres maximes du même ordre figurent un peu partout sur les murs des catacombes de Paris. En fait de catacombes, il s'agit d'anciennes carrières utilisées comme ossuaire municipal au moment où, dès la fin du XVIIIe siècle et pendant tout le XIXe siècle, les ossements des très nombreux cimetières paroissiaux de Paris ont été transférés en ces lieux afin de permettre faire sortir les morts de l'espace des vivants. 










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Il s'agissait d'éviter la propagation de certaines maladies, d'éviter la création de lieux insalubres, mais aussi de libérer de la place dans une ville à l'urbanisation galopante, d'autant plus que ces anciens petits cimetières, autour des églises, occupaient des emplacements de choix dans la cité. Les catacombes ont été rendus visitables dès le début du XIXe siècle, au départ à la lueur des bougies. Cela constituait alors une sortie appréciée les dimanches, en plein gothic revival, ou comment se faire un peu peur avant d'aller flaner sur les grands boulevards. 








undefinedLe parcours est intéressant, on y découvre certes les millions d'ossements entassés derrière une première rangée bien ordonnancée, mais aussi un lieu étrange, avec ses recoins, sa chapelle, ses colonnes, ses galeries, ainsi que tous les éléments qui témoignent de la destination première de cet endroit : l'extraction de pierre. Les cloches de fontis, les marques d'outils, la maquette d'un palais taillé dans la roche sont autant de traces du passage des carriers. 


Les sentences mortuaires inquiètent a priori. Mais j'ai toujours eu un rapport assez simple à la mort. Ayant joué des dizaines d'enterrements en tant qu'organiste, je suis un peu l'un des maillons du "métier", comme le médecin, le prêtre, le vendeur de cercueil, le croquemort, le marbrier... Mon rôle est de faire pleurer avec des chants et des musiques appropriées, ou alors, comme c'est souvent al demande aujourd'hui (à mon grand regret), de "jouer des choses douces et surtout pas tristes, ben non, il aurait voulu qu'on ne soit pas triste". Mais voyons. Mon cul oui. Je ne connais personne qui voudrait que ses proches se fendent la gueule le jour de son enterrement. "Il aimait tellement rire, il aurait voulu qu'on se souvienne de lui  comme ça". Et puis quoi encore. Tout le monde aime rire. Ces phrases sont tellement convenues. Parfois on pourrait plutôt dire "il avait tellement mauvais goût et il aimait tellement faire chier son monde, un bon chant bien pourri avec des paroles mièvres, ça ne lui fera pas de mal". 

Ceci étant dit, dans les catacombes de Paris comme dans feu Y'a que la vérité qui compte, "la vérité est au bout du couloir".

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Publié dans Coups de coeur

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Nanou 02/02/2008 14:06

Ca fout quand même un poeu les jetons!
(Mail suit, cher Chancelier de mon coeur!)