On Choisy-le-Roi, mais on Bourg-la-Reine

Publié le par Alpasyr Meringensis

Vivre l'homosexualité en banlieue, ça n'est pas évident. Heureusement, l'Alpasyrie est dépourvue de banlieue autour de ses centres urbains. Autour de la capitale, Bourg-Palatin, s'étend certes une immense zone urbaine appelée Paris et qui est actuellement la capitale française, mais peut-on pour autant dire que Paris est la banlieue de Bourg-Palatin ? Certes non, pas pour le moment.

Veuillez m'excuser pour cette digression, revenons-en à nos lubriques moutons. Si tout le monde vivait en Alpasyrie, l'homosexualité ne serait même plus un débat de société ou de moeurs, voire même le sujet d'émissions telles que "ça se discute" (paix à son âme), puisqu'elle y est totalement acceptée par ses habitants, et peut-être même un peu encouragée par le gouvernement. Mais fort heureusement, tout le monde ne vit pas en Alpasyrie et peut donc apprécier une nouvelle visibilité gay, curiosité du moment, notamment à la télévision.

Si cette nouvelle visibilité n'est pas remise en cause, -car elle permet même à des mamies et des papies (all the leaves are brown, and the sky is grey) d'entrevoir l'existence d'une partie de la population dont il ne connaissait que les clichés et/ou la crypto-présence dans leur entourage- , elle ne permet toujours pas à tous les gays et lesbiennes de se montrer au grand jour. C'est peut-être une fausse idée que se fait votre dévoué chancelier, mais à mon avis il faut bien du courage à un gay issu d'un "quartier chaud" comme on dit (même si le climat y est le même que dans les quartiers froids) pour aller se montrer à la Roue de la Fortune et ensuite retourner tranquillement chez lui en attendant les quolibets.

Il est vrai que mon hésitation est encore grande quant à savoir s'il faut plus de courage pour supporter des railleries homophobes ou pour s'infliger une demi-journée de tournage à côté de Christophe Dechavanne (et pour un gay de supporter la présence des seins disproportionnés de la potiche). Mais soyons réalistes et arrêtons la langue de bois en disant que ça n'est pas si dur : il est quand même plus facile de vivre ouvertement homo dans le Marais parisien, en Alpasyrie ou à Sain Francisco que dans un quartier abandonné depuis longtemps par les responsables de la politique sociale et urbaine. C'est peut-être même devenu aujourd'hui plus facile à la campagne, ou en tout cas moins caché.

Face à la peur des moqueries et même de la violence, une solution existe : le refoulement. Trouver une copine à tout prix, pour convenir aux projets des parents, pour ne pas troubler la norme familiale, pour avoir la paix dans le voisinage, tout simplement, avoir l'apparence d'un couple ordinaire qui fait illusion. Je me garde de tout jugement de valeur sur cette solution malheureuse, même si elle va au-delà du simple mensonge par omission (pour lequel je suis peut-être plus tendre car il m'est plus familier). En tant que chancelier, je n'arrive même pas à formuler clairement les solutions politiques qui pourraient être apportées pour remédier à un tel état de fait. Forcer la normalisation de l'homosexualité dans la société par l'égalité des droits par la loi et le droit sera sans doute la solution qui sera appliquée par les gouvernements qui ne l'ont pas déjà fait.

Sans doute que cet article ne vous aura rien appris, et je l'espère même, mais il paraissait important qu'un chef d'Etat étranger évoque même brièvement, même si ce n'est que pour un constat, la situation de l'homosexualité refoulée dans les quartiers de banlieue en France, qui semble intéresser davantage notre petite Fédération que le ministre français en charge des Affaires sociales. C'est qui déjà d'ailleurs ? Moi qui suit toujours les remaniements gouvernementaux, c'est bien la première fois que je suis incapable de citer le ministre chargé de ses questions en France, les chaises musicales au sein de la Cour de France ont dû se jouer sur de l'électro, certaines mutations m'ont échappé.

Gaiement vôtre,

Le chancelier





























Publié dans Pensées du chancelier

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Marie 08/10/2009 16:41


Cher Chancelier, la question est la même pour les célibataires refoulés dont je suis, et pour ceux qui ne supportent pas la norme sociale écrasante de la famille (dont je suis aussi). Comme je suis
une vive partisane de la liberté (de penser, de croire, de moeurs, d'action...) et que la mienne s'arrête au seuil de la vie des autres (du moins je l'espère), je n'ai trouvé qu'une solution pour
vivre en paix, faire l'escargot. Ce qui se rapproche peu ou prou du mensonge par ommission.
S'il faut bien du courage à un gay pour avouer sa personnalité à sa famille, il en faut aussi à une femme mariée pour refuser tout net de vivre "en famille" et se soumettre au diktat du déjeuner
dominical (entre autre)... DOnc, je compatis, mais la cause n'est pas vaine... Vive la Liberté etvive l'Alpasyrie !


Nanou 27/09/2009 19:51


Je suis avec vous, Chancelier! Allons donc à Jouy (en-Josas)


Fred Mitt, Ministre ès Culture 18/09/2009 09:54

A l'époque de mon blog, je cherchais une photo de fesses de mec. Jusque là rien de gay, j'en suis pas un hein faut pas croire malgré mon pseudo ! enfin bref. Je suis tombé sur beaucoup de jaquettes de porno gay, mais surtout des porno "ambiance banlieue" genre "Amin rentre dans la cave par porte de derrière" ou "venez squatter mon hall", à grand renfort de chaînes en or et blousons cuir à col en mouton. Donc l'imagerie était franchement connotée, on est loin des Marc Dorcel avec château de la Loire et dessous de satin chic pour des séquences choc. Donc les films là ne sont pas produits pour les banlieues ni encore moins dans les banlieues (c'est fou comme ce terme est devenu péjoratif), mais les gens qui les regardent ont quand même un sacré fantasme. Et se sont des prod 100% françaises.

Pour finir voici ce qui a été écrit sur 20 minutes à propos de la mort de Filip de deubaytroy (noblesse franc-comtoise) :
«C'est un ami qui partageait son appartement, qui est très grand, qui l'a découvert ce matin.»
J'aime beaucoup le "qui est grand", qui vient dire : "oubliez qu'il habite avec un mec, en fait l'appart est super grand, alors ils vivent très très loin l'un de l'autre, n'allez pas croire que... non non." Sinon, quel intérêt de dire que l'appart était grand ?

Et pour SFU c'est bon, tu auras ça samedi, pour mater un bon flic moustachu musclé filmé par un militant de la cause gay américaine ;-)